
“Quand on prend le parti de la pensée, il faut nécessairement accepter la marginalité.”
30 décembre 2009Le titre de ce billet est la première phrase d’un très, très, très juste commentaire de François Guité, dont je suis d’ailleurs bien heureux d’avoir des nouvelles via un commentaire sur ce blogue.
Ça m’a d’ailleurs inspiré un petit poème de rien du tout. Je suis comme ça, moi : c’est en poésie que j’arrive à m’exprimer le mieux, aussi étrange cela puisse-t-il paraître…
quitte à faire semblant
j’élucubre ce soir
j’erre je crie je pense donc je fuis au nom de père et du fils et du simple d’esprit amen
je prétends j’affirme j’admets que le réel ne sera jamais concevable
je gueule en pissant des délires vaguement sartriens
je macabre je déifie je rampe en susurrant la grâce folliculaire de mes défaites
je souris béatement pour séduire les esthètes forts en gueule
je découpe en mille miettes vos trois pièces pathétiques
j’emmerde vos bondieuseries et votre ésotérisme d’occasion
je ne lis pas “le secret” et j’assassine le feng shui
je maraude en saignements qui souillent vos dentelles de seconde cuisse
je vous sais inconscients et m’en lave les mains par trop bleuies
je m’embouvette dans la négation de vos hivers séculaires
je feins la Nouvelle-France je pleure le tompinambour je tabarnaque nos errances
je gueule l’inexistence de mes racines à moitié saoul dans une ruelle à quatre heures du matin
j’ai mal à ce que je suis pas ne sachant pas trop ce qu’il en est
je revendique une volée à demi-crissée au creux du ventre de mes aurores
et ne vous en déplaise
mam’ chose
je m’engage à vivre comme si c’était important pour vrai
quitte à faire semblant